Spéléo Club de Saint Herblain

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Accueil Massif des Arbailles Nouvelles découvertes dans le massif des Arbailles octobre 2010

Nouvelles découvertes dans le massif des Arbailles octobre 2010

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L'équipe des explorateurs

Entrée fracassante dans le cayolar, le vendredi soir à vingt-deux heures : personne n’a les clés et les propriétaires sont déjà couchés. Il ne reste plus qu’à casser un carreau pour rentrer. Jean-Michel, Emilie, Dimitri puis Pauline et Nataniel ne tardent pas à arriver. Joie des retrouvailles, bavardages et perspectives spéléos nous emmènent, avec une caisse de bières, jusqu’à deux heures du matin.

Le lendemain, le trio du SCHV récupère les lignes électriques du GA1 qui n’a plus notre faveur, pour les installer dans le GA3 jusqu’à -60 m. Il semble que cette cavité doive subir le même sort que le GA1…


Pour l’équipe du SCSH, direction le gouffre des Gégènes (sans gégène pour cette fois). Christophe équipe les deux puits d’entrée en préparation au stage FFS de formation à l’équipement.
Nous nous séparons en deux équipes, Jean-Louis attaque une lucarne en milieu du puits de la Pêche avec Pauline et Nat. pendant que je m’attelle à celle d’en face avec Christophe et Matthieu. Entre nous, le vide.
Jean-Louis peste contre son perfo qui bousine et vide la moitié d’un accu avant de s’apercevoir que la mèche tourne à l’envers. Rigolade. Le problème résolu, la vire rapidement installée donne accès à une galerie fossile confortable. Personne ne cache son excitation, des départs sont visibles en haut, à gauche, dessous. La première continue sur cinquante mètres avec un peu d’équipement jusqu’à un mur d’argile qui gêne le passage.
Nous sommes dans un méandre fossile dont la partie inférieure a été comblée par un remplissage d’argile et de cailloutis, décapé par endroit par des écoulements postérieurs. Sur les parois en pied de méandre, des concrétions de type phréatique sur deux ou trois mètres de hauteur : il y a bien longtemps, cette partie était sous l’eau.

Puits de la VasquePendant que Matthieu sécurise le palier en balançant des blocs dans le puits de la Pêche à la Ligne, avec Christophe j’équipe un passage vertical. Comme espéré, il nous mène au puits que nous baptisons « Androgyne », fossile en haut, actif en bas. Magnifique volume qui s’évase vers le haut. Je ne trouve pas d’autre mot qu’un trivial «Whaou !».
En bas, avec l’aide de Matthieu et Christophe, suspendu à la corde accrochée trente mètres plus haut, je joue à Tarzan pour atteindre une lucarne. Elle redonne dans le méandre actif situé plus bas mais les deux passages sont impénétrables. Même chose de l’autre côté du puits. Il y a pourtant un courant d’air mais nous ne passeront pas par là. Nous remontons.
En haut de puits, Emilie rampe dans un passage bas étroit qui permet de descendre dans le méandre aval. Mais là, stop ! Il faut équiper. Je la suis avec difficulté, faisant à peu près deux fois son épaisseur.
Avec Jean-Louis venu nous rejoindre, j’équipe le puits de la Vasque entrevu la dernière fois. Un pendule plein vide permet d’atteindre le fond. Presque cylindrique, la base est couverte d’un superbe et étonnant concrétionnement blanc sur deux mètres de hauteur. Nous comprenons la raison de cette bizarrerie : une arrivée active se jette dans le puits vingt mètres plus haut, venant remplir par temps de pluie cette piscine naturelle qu’un déversoir maintient à niveau à deux mètres de profondeur. Depuis plusieurs jours, le beau temps a réduit l’arrivée d’eau et a permis son infiltration ne laissant qu’une vasque  de quelques centimètres.
Tout le monde se retrouve dans le méandre fossile.
Christpohe à l'entrée du méandre fossileJean-Louis et Nataniel s’infiltrent dans une chatière bombée, sur le dos, la tête en avant les obligeant à un numéro de contorsionniste pour en sortir car la galerie se poursuit sur un petit puits. Prudents, Pauline et moi préférons élargir le passage argileux pour passer avec un peu de style, si tant est qu’un spéléo puisse en avoir… Nous descendons le ressaut. La galerie continue sur un autre puits qui s’évase sur un volume plus important. Mais nous avons déjà utilisé les 220 m de cordes que nous avions apportés !
Retour au cayolar à 22 h et champagne pour fêter cette belle première.

Le dimanche, Jean-Michel et Dimitri, toujours aussi persévérants, repartent au GA3 faire joujou avec le perfo. Avec Christophe nous commençons la topo en haut du P60. Nous savons que la pluie a commencé à tomber car deux des puits commencent à percoler. Après une pause-dîner et trente cinq visées, nous décidons que la suite sera pour la prochaine fois. Pendant ces laborieuses mais indispensables mesures le deuxième groupe poursuit l’exploration de la galerie. Pauline et Nat. ont dégagé le mur d’argile, Jean-Louis équipe le puits de la deuxième salle qui est en fait la base d’un  puits  de 20 m qui a agrandi le méandre. Remontée, équipement d’une corde, arrivée sur un passage étroit. Emilie doute : ça ne passe pas. Arrive Jean-Louis, le Zorro de la désob, qui gratte, élargit le passage et retrouve le courant d’air. Dix mètres plus loin, découverte d’une nouvelle salle-puits bordée d’une grande et belle coulée immaculée couleur café au lait. Pour leur toute première première Matthieu et Emilie en prennent plein les yeux, nous aussi. Et dans un grand rêve éveillé, Matthieu nous demande d’éteindre nos lampes croyant voir les rayons de la lune…

EmilieTous les ingrédients de la spéléo sont présents, chatières, ressauts, puits, opposition, escalades, coulées rendant le parcours varié et ludique. Puis arrive le premier obstacle sérieux qui nécessite une escalade de 5 à 6 m. Emilie est toute surprise qu’on lui propose de s’y engager. Elle avale la montagne d’éboulis en deux temps, trois prises et plante son premier goujon. Respect. Emilie tu reviens quand tu veux !
Nous retrouvons une nouvelle salle très haute, d’effondrement cette fois, qui elle aussi se termine par un mur de plusieurs mètres de haut. Un trou noir à 5 ou 6 m dans la paroi montre que la suite est pour demain.
Au retour, dans la première salle, la pluie a fini par former une grosse arrivée d’eau qui débouche au plafond par un méandre à 20 m de hauteur, éclate en gerbes en ruisselant sur les strates noires de la paroi de la salle. La base du puits concrétionne en mini gours blancs.
Descente à la cabane à 23 h des étoiles dans la tête. Couchés encore une fois à 2 h du mat.

Le lundi matin est consacré à faire le point : saisie des données topo, recharge des batteries (les nôtres aussi), matériel à apporter, nettoyage etc. Le réseau fossile se développe à –80 m dans une direction ENE sur un axe de faille. Au vu de la topographie de surface, cette galerie subhorizontale devrait, en théorie, percer le versant en pente non loin d’une autre cavité déjà connue.


ToucasiaL’après-midi, une équipe motivée retourne faire l’escalade. Jean-Louis n’en fait qu’une bouchée mais la lucarne est trop étroite pour le laisser passer. Heureusement la fluette Emilie est là et traverse l’obstacle sans effort. Jean-Louis impuissant, débordé par la gente féminine, décide d’attaquer les lèvres de l’ouverture à la masse et, dans une bestiale énergie, finit par passer. Après dix mètres de progression, nous retrouvons l’autre côté de la zone d’effondrement qu’il faudra équiper pour descendre.
Le lendemain, visite et photos dans le GA3. Présence de beaux puits lavés par un actif temporaire. Le gouffre se développe dans l’urgonien jusqu’à –60 m : nous observons des tests (coquilles) de grosses toucasias, fossiles caractéristiques du crétacé faisant partie du groupe des rudistes, disparus en même temps que les dinosaures. En revenant, nous descendons une petite cavité située à l’aplomb de la partie terminale du boyau du GA1. Verdict : le fond est simplement constitué de terre et de gélifracts, il devrait suffire d’un seau et de quelques personnes motivées pour déblayer les dix mètres nécessaires à l’accès au GA1. Voilà de quoi remotiver les troupes pour continuer la désob. de cette cavité. Il faut bien s’occuper les jours de pluie...

Galerie photos ici.