Spéléo Club de Saint Herblain

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Le gouffre des Gégènes

Historique du gouffre des Gégènes

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C'est en 2006 que nous avons découvert ce gouffre pendant une prospection de surface. Par manque de corde nous n’avons descendu que le premier puits. La cavité avait déjà été visitée car nous avons retrouvé plusieurs spits anciens mais aucun marquage visible ne nous a permis de retrouver les références du gouffre. J’avais d’abord pensé au GA402 mais la profondeur et les coordonnées de ce gouffre étaient trop différentes. Nous l’avons renommé en GA477.

En mai 2008 Jean-Louis et moi décidons d’aller voir au fond.
Je débute la descente par un puits spacieux d’une vingtaine de mètres, conséquence de l’effondrement de la voûte d’un ancien méandre qui reste visible des deux côtés du puits. Je glisse sur une pente terreuse et j’arrive sur un petit puits de huit mètres. Zut la corde frotte, elle frotte même carrément et je n’ai pas la trousse à spits ! Je crie, comme si c’était l’évidence même : « Jean-Louis ça frotte, je continue ! ». Suit une autre pente terreuse qui finit sur l’éboulis de fond de puits. Je me dégage de la corde. A cet endroit après avoir écarté quelques pierres le long de la paroi, j’arrive à me faufiler dans un ressaut de deux mètres constitué de blocs empilés instables, ce qui me permet d’accèder à une petite salle. Il me semble que je suis le premier à pénétrer cet endroit : le sol est vierge de toute trace, une partie de l’éboulis a du s’effondrer récemment dans la salle et libérer ce petit passage. Au fond de la salle une petite arrivée fossile concrétionnée impénétrable situe la fin de la cavité à –40m mais un léger courant d’air permet de penser qu’une suite est possible.

Les 22 et 23 mai 2009 nous entamons une grosse désobstruction au fond du gouffre.
Cette fois nous sentons un net courant d'air aspirant au niveau du méandre terminal. Le peu de place pour ranger les déblais nous oblige à construire un mur-barrage sous la direction inspirée de Marc, notre géologue terrassier. C’est en retirant un bloc sans faire attention qu’il évite de justesse de se faire aplatir par une pierre de cent kilos détachée de l’éboulis instable. Je réussi moi-même à l’éviter en bondissant hors du trou que j’étais en train de dégager en bas de notre ouvrage d’art. Tout le monde sait que la délicatesse, la patience, la minutie et la prudence sont les vertus premières du spéléo…
Après trois séances de déblaiement, nous nous arrêtons dans ce qui semble être le haut d’un méandre qui nous renvoie un petit écho motivant. La topo du début de la cavité est faite par Olivier et Fabrice.

Lors du camp d’été juillet 2009 la désobstruction horizontale entamée en mai sur quelques mètres se poursuit et donne accès rapidement, dans l’euphorie totale - ça y est on va faire 100 km de première ! - à un méandre de 6 à 7 m de haut sur une vingtaine de mètres de longueur. Après dégagement d’un vieux plancher stalagmitique effondré, nous mettons le pied au fond du méandre. A l'amont c'est trop étroit, à l'aval aussi, mais à cet endroit le fond du méandre, qui a été surcreusé en des temps anciens, laisse apparaître une longue étroiture verticale dans laquelle le courant d'air est aspiré.
Dans le pincement de la roche, Jean-Louis hurle un « Y A QUELQU’UUUUN ? » à faire effondrer la montagne et un mystérieux vide souterrain nous renvoie un fort écho. Nous décidons illico d’entreprendre une nouvelle désobstruction, cette fois-ci verticale pour voir de quoi il s’agit.
A ajouter sur la liste de nos déboires spéléos : notre nouveau groupe électrogène qui tombe en panne au bout d'une journée et demi de fonctionnement, ce qui nous à fait perdre un jour à essayer de réparer, à monter et à redescendre notre deuxième groupe qui lui pèse 22 kg. La force et la résistance légendaires de Serge qui vient à peine d’arriver, après cinq heures de route, sont mises à contribution sur le champ pour les transports successifs sur 200m de dénivelée.

Du 24 octobre au 1er novembre  2009 nous continuons l’élargissement à -50m dans le puits-méandre qui se met à souffler par les mystères de la thermodynamique souterraine. Montée, descente du matériel et visite du gouffre par une dizaine de personnes, il fallait bien ça. Notre groupe électrogène souffreteux finit par rendre l’âme définitivement, étouffé par un excès d’essence mélangé à l’huile, ce qui, pour un si petit moteur, est fatal. Nous empruntons la gégène d’Alain qui trainait par là pour continuer nos travaux miniers qui finalement n’aboutissent pas faute de temps. A priori il reste environ deux mètres à agrandir pour passer l’étroiture. Ces avatars nous permettent au moins de trouver un nom des plus poétiques à cette cavité : ce sera le gouffre des Gégènes.