Spéléo Club de Saint Herblain

  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size
Accueil Massif des Arbailles Un été d'exploration dans le massif des Arbailles

Un été d'exploration dans le massif des Arbailles

Imprimer PDF

Du 28 juillet au 15 août 2011 : spéléo tous azimuts dans le massif des Arbailles et la PSM.

 

Entrée du GA477GA477, gouffre des Gégènes.

Nous avons terminé la topographie des cent mètres de puits découverts en mai. Le report effectué nous apprend que le fond est désormais à – 220 m.
En haut du puits des Assiettes, Roger a équipé un passage en espérant continuer au delà du puits mais peine perdue, la suite est trop étroite. L’escalade effectuée par Jean-Louis vers une lucarne dans le méandre perché au dessus du réseau des Typas a débouché mais le passage redonne en haut du puits du même nom.

On ne gagne pas à tous les coups...


A l’amont, dans la Galerie des Puits, l’exploration du méandre supérieur a permis de « boucler », par un nouveau P20 avec la salle de la cascade. Une vire passant au dessus du puits pour atteindre l’arrivée d’eau est en cours d’équipement. La topo de ce réseau fossile perché reste à faire.

GA493, gouffre des Lumières.
L’élargissement du méandre qui débouche dans le deuxième puits se poursuit, nous avons avancé de trois mètres, les gravas remplissent le fond du puits d’accès au méandre. Le courant d’air et un écho sont perceptibles. A suivre. Espoir, espoir…

GA360-SphinxGA306, gouffre des Angevins.
Grâce à une météo enfin favorable, trois équipes ont pu y descendre.

A l’amont, Vincent et Olivier ont poursuivi l’impressionnante escalade-vire perchée au dessus de la salle du Sans-Retour. Mais hélas, aucun passage n’est visible dans l’énorme mur de calcite qui vient du haut de la salle. Il y a sûrement une suite derrière mais il faudrait trouver un accès par le haut (lire le chapitre sur le GA472). La vire a été déséquipée.

A l’aval, la fin de l’escalade du puits de la Vitelloise nous apporte les plus gros espoirs : arrivés au plafond d’une trémie constituée de blocs plus ou moins cimentés, nous avons repéré et franchi un petit méandre remontant qui perce cet étage et débouche dans une salle jonchée de gros blocs. Environ vingt mètres au-dessus, nous devinons un trou noir, grosse galerie ou puits, qui permet d’espérer une communication avec le Trou de la Taupe. Depuis le bas de la rivière nous sommes montés en effet d’environ 70 m.
Dans la rivière, le shunt de la première voûte mouillante est maintenant équipée et permet un accès au sec, par un méandre fossile, à la deuxième voûte qui est restée très très mouillante cet été, autrement dit infranchissable. Entre ces deux passages bas, il subsiste une cheminée à escalader avec peut-être une suite ?

GA472GA472.
Nous avions retrouvé cette entrée en février 2006 et atteint le fond à –7m, bouché par des feuilles et de la terre. Je me souviens de l’ardeur de Jean-Louis qui voulait commencer une désobstruction sans attendre, m’assurant que ça serait facile. Cinq ans après, nous savons que ce trou est situé dans le prolongement du gros fossile amont du GA306, fermé par un mur de calcite. Est-il sur la même faille ? C’est probable.
Notre club a des spéléos formidables, on leur dit qu’il y a une possibilité de jonctionner cette entrée avec le GA306 situé 250 m plus bas, ils entament la désobstruction sur le champ avec une motivation qui n’a d’égale que leur enthousiasme. Ici pas de velléité, que de l’action.
Bref, Philippe, Matthieu, Laurent, Olivier, Félix et les autres ont sorti seaux, piochons, kits, cordes, poulies et creusé verticalement sur trois mètres dans le fond de ce gouffrillon. Matthieu m’affirme que, maintenant, ça sonne creux et qu’un bâton enfoncé dans ce remplissage terreux n’y rencontre plus aucune résistance et pourrait même y disparaitre s'il le lachait. La suite est donc pour demain.

GA56, gouffre des Sangliers.
Dans la série de passages très étroits, proches de l'entrée, nous avions l’impression de faire demi-tour et de revenir une dizaine de mètres en dessous de l’entrée de cette zone d’étroitures. Il était alors raisonnable d’espérer un shunt. La topo de cette partie étant très succinte, j’ai donc décidé de la refaire. Matthieu a bien voulu m’accompagner.
Même avec les plus improbables contorsions, je suis souvent dans l’impossibilité de positionner la boussole et le clinomètre correctement, le casque coince, je n’arrive pas à positionner mes pieds que je ne voie pas. Dans une partie aussi étroite que les autres, je suis obligé de forcer pour me retourner, mauvaise idée : j’entends un craquement et je ressens aussitôt une douleur au thorax, je viens de me fêler une côte. Peu importe on continue la topo. Ce n’est que la deuxième fois que ça m’arrive dans ce p…. de GA56 ! Je décide immédiatement qu’il n’y aura pas de troisième fois.
Le lendemain, le report infirme l’impression de demi-tour : il n’y a pas de possibilité de shunt…

Gouffre LépineuxPSM, gouffre Lépineux.
Quatre privilégiés dont nous tairons les noms pour ne pas faire de jaloux (mais que tout le monde connaît) ont eu la chance de d’effectuer la traversée historique entre le Gouffre Lépineux (P320) et la Salle de La Verna, exceptionnellement ouverte dans le cadre du soixantième anniversaire de l’exploration du réseau débuté en 1951. Nous remercions à cette occasion, chaleureusement, les membres de l’ARSIP qui ont organisé cet évènement. Bien que le puits en lui-même ne soit pas « hyper impressionnant », c’est avec émotion et retenue que nous nous sommes engagés dans ce monument de la spéléologie française. Cette traversée nous a permis également d’appréhender et de mesurer les obstacles vaincus par les pionniers et la difficulté de leur entreprise.

Photos ici